La FFMC

L’objectif de la Fédération Française des motards en Colère est de fédérer les usagers des deux roues et trois roues motorisés (du cyclo au gros cube), autour des valeurs qui ont motivé sa création et continuent de l’animer.

Elle agit pour développer la pratique des deux-roues motorisés ou engins assimilés. Elle défend, sans corporatisme, leurs utilisateurs en tant qu’usagers de la route et en tant que consommateurs. Elle agit pour sa sécurité et le partage de la route sur la base du développement de l’information, de la prévention et de la formation, pour faire prévaloir la connaissance et la prise de conscience plutôt que les mesures répressives.

Elle agit également pour promouvoir les valeurs de solidarité, d’égalité et de liberté, visant à permettre au plus grand nombre la pratique du deux ou trois roues motorisés (du cyclo au gros cube) dans un esprit de responsabilité et d’entraide.

Elle préserve son indépendance vis à vis de tout pouvoir, et rassemble les motards sans discrimination. Elle se prononce contre le racisme et tout ce qui tendrait à instaurer des discriminations, que ce soit l’origine ethnique, le niveau social, les choix politiques ou religieux, l’âge, le sexe ou les préférences sexuelles. Elle fonde son action sur la responsabilisation et la tolérance. Partie prenante du mouvement social, elle favorise l’intervention des motards en tant que citoyens.

Dans le continuité de ses valeurs, le F.F.M.C. se reconnaît dans le principes de l’Economie sociale, qui placent en son centre les individus et le fonctionnement démocratique, et où le profit n’est pas une finalité. Elle en soutient les fondements par ses actions et ses prises de position, par l’intermédiaire soit des instances de la Fédération, soit des structures qu’elle reconnaît comme appartenant au mouvement F.F.M.C.

Ses moyens d’action sont nombreux notamment : l’organisation de journées de prévention, affichage, tenue de réunion périodique, organisation de manifestations, de journées pédagogiques dans les colléges, balades…

File: 

Bienvenue à la FFMC

Retranscription du livret de présentation de la FFMC, ces pages ont pour but de vous présenter rapidement les objectifs de la FFMC, mais aussi ses partenaires, ses propositions, ainsi que les avancées qu’elle a obtenu pour les motards.

A la FFMC, on roule !

La liberté du motard rime avec tolérance & respect mutuel, notamment vis-à-vis des autres usager de la route.

La meilleure façon de défendre cette liberté, c’est de se réunir, de s’organiser pour décupler notre dynamisme & nos moyens. Au besoin, c’est pouvoir démontrer notre puissance de mobilisation dans la rue, face à un gouvernement qui ne sert pas toujours les intérêts du citoyen en priorité, surtout lorsqu’il roule en moto.

Pour répondre aux besoins des motards (information, assurance, formation, sécurité, …), la FFMC, association à but non lucratif régie selon la loi de 1901, a créé plusieurs structures qui s’inscrivent le secteur de l’économie sociale. Il s’agit pour celles-ci de privilégier la qualité des services rendus tout en plaçant en leur centre les individus et le fonctionnement démocratique. Faire du profit n’est pas leur but.

Qu’il s’agisse du niveau des taxes (carburants, assurance, équipement, …), des infrastructures routières, ou des dispositions répressives en matière de circulation, le motard ne peut se faire entendre que s’il s’unit à d’autres.

L’engagement volontaire de chacun & chacune est prépondérant pour promouvoir une pratique de la moto qui respecte l’individu & l’environnement.

Pour cela, la FFMC rassemble les motards, sans corporatisme, et se prononce contre toute forme de discrimination, qu’elle soit liée à l’âge, au sexe, à l’origine ethnique, au niveau social, aux choix politiques et religieux ou aux préférences sexuelles.

On ne roule pas sur n'importe quoi

Quels qu’en soient la marque, le type ou la cylindrée, la moto est d’abord une passion.

Pour beaucoup de motards, c’est aussi une façon de se démarquer et d’afficher son anti-conformisme, exactement comme c’était le cas au début des années 80, lors de la naissance de la FFMC.

C’est aussi un moyen de défendre la solidarité, et pas seulement sur le bord de la route pour venir en aide à un motard en panne. La solidarité permet surtout de se réunir pour défendre des droits, des orientations et des objectifs communs. Pour permettre au motard, consommateur, usager de la route et citoyen, de pratiquer la moto dans les meilleurs conditions.

On ne roule pas n'importe comment

La mobilisation des motards autour de la FFMC, et le sérieux des dossiers étudiés par celle-ci lui ont permis de s’imposer comme interlocuteur incontournable des pouvoirs publics, voire comme partenaire lorsque les actions menées mettent en veilleuse le volet répressif.

Car la sécurité sur la route passe avant tout par la responsabilisation des usagers, la prévention et la formation.

Au quotidien et par la pratique, la FFMC prouve la validité de ses orientations. L’amélioration de la sécurité routière ne pourra faire l’économie ni d’une bonne formation (dès le plus jeune âge, et tout au long de la vie), ni d’une information de qualité pour inciter au partage de l’espace routier.

En colère, car ...

Les infrastructures existantes ne prennent pas en compte le motard. Il aura fallu plus d’une dizaine d’années pour faire valoir le bien fondé d’un écran inférieur de protection sur les rails de sécurité, et celui-ci n’est encore installé qu’au compte gouttes.

En ce qui concerne la signalisation horizontale, le mobilier urbain, l’étanchéité des réservoirs de gas-oil ou le gravillonnage des routes (exemples parmi d’autres), le problème reste entier.

Pire encore : alors que près de la moitié des routes sont insuffisamment entretenues, et qu’un quart d’entre elles souffre de graves dégradations, les moyens humains et matériels destinés à l’entretien & l’exploitation du réseau routier sont réduits à la portion congrue.

L’amélioration de cette situation est une nécessité pour tous, et la mobilisation de la FFMC vise à faire évoluer le réseau routier en tenant compte des deux-roues motorisés, du cyclomoteur à la moto.

On ne veut pas rouler à n'importe quel prix

L’usager de la route est plus que jamais assimilé à une vache à lait.

Et le motard n’en finit pas de passer à la caisse puisque l’ensemble de son équipement de sécurité est encore lourdement taxé (casque, blouson, gants, bottes, protection dorsale, …). La FFMC lutte pour que ces équipements de première nécessité bénéficient enfin d’une TVA réduite, pour permettre au plus grand nombre d’être correctement équipés et protégés.

Dans de nombreux départements, les budgets initialement votés pour des actions de sécurité routière sont consacrés à l’achat de radars de plus en plus souvent reliés à des systèmes de vidéo-surveillance qui nous épient à chaque coin de rue. Ces radars sont aussi connectés à un fichier qui permet d’automatiser la procédure d’envoi de PV.

La FFMC se prononce contre le fichage des usagers de la route !

Plus grave : cette manne récoltée sur le bord des routes (et rarement aux endroits dangereux) n’est pratiquement pas affectée à l’entretien ou l’amélioration des voies de circulation.

Dernier paradoxe : alors que le réseau routier est de très loin le plus sûr (moins de 5% des accidents), les tarifs des péages sont en perpétuelle augmentation.

Pour que la sécurité ne soit plus un privilège, la FFMC revendique la gratuité des autoroutes pour tous les usagers.

Questions courantes

Les buts de la FFMC, ses positions sur la vitesse, sur le bridage, sur les pots … Les questions les plus fréquemment posées trouvent ici leur réponse.

A regarder en priorité !

La FFMC en quelques mots


[1] Quel est le but de la FFMC ?

La FFMC défend les motards. Elle agit pour promouvoir la pratique de la moto dans de meilleures conditions de sécurité. Selon nous cette défense passe également par celle de valeurs telles que la solidarité et les libertés.
Défendre ne veut pas dire approuver des comportements dangereux pour les autres. Rouler vite dans des conditions de circulation optimales n’est pas la même chose que faire des wheeling devant une rue piétonne.

[2] Etes-vous pour ou contre la limitation de vitesse ?

Nous sommes pour des limitations de vitesse adaptées et compréhensibles (particulièrement en ville). Une loi ou une réglementation dont les usagers ne comprennent pas l’utilité est peu respectée. De plus, tout ne peut pas s’inscrire dans le cadre de la loi ou du code.

La question n’est pas tant celle des limitations de vitesse mais d’enseigner à tous les conducteurs d’adapter leur vitesse aux conditions (trafic, météo, fatigue personnelle…).
Augmenter la vitesse sur des portions ayant un niveau de sécurité et de visibilité élevé, la FFMC, est pour. En ville, l’adaptation de la vitesse ne doit pas être faite en fonction de la circulation mais en fonction des risques d’accident avec les usagers vulnérables (piéton, cycliste, cyclomoteur). On demande à être respecté, respectons-les aussi.

[3] Pensez-vous que l’insécurité routière est due à un manque de formation routière ou à un manque d’éducation civique ?

Les deux sont liés car apprendre à vivre en société, c’est aussi apprendre à vivre sur la route. La route est un espace commun qu’il faut apprendre à partager. L’insécurité routière est due à plusieurs facteurs :

* Le manque de sensibilisation – éducation – formation à la sécurité routière (ce que nous appelons le continuum éducatif qui devrait commencer dès le plus jeune âge et se poursuivre tout au long de la vie des conducteurs) ; * Certainement aussi au problème que tu appelles « éducation civique » : ne faut-il pas de ce point de vue, se demander comment les conducteurs peuvent avoir un comportement citoyen dans une société où les solidarités sont cassées et la loi du plus fort mise en avant ? * L’entretien du réseau routier et le problème des infrastructures dangereuses sont également un facteur non négligeable puisqu’ils entrent en compte dans 42% des accidents de la route. * Enfin, les statistique montrent aussi que la fatigue n’est pas pour rien dans les accidents : ne faut-il pas s’interroger sur les conditions de vie et de travail de certaines catégories…

[4] Pensez-vous que les choses peuvent changer (moins de morts etc..) sans répression ?

Il est certain que si on est d’accord pour qu’il existe des lois, il faut aussi des moyens de sanctionner ceux qui ne les appliquent pas…. Nous ne sommes pas dans le meilleur des mondes possibles !

Cela dit, il faut des lois et un code de la route qui tiennent compte des réalités et non étudiés pour rapporter de l’argent dans les caisses de l’Etat !

Exemple : certaines limitations à 50 (soi-disant en ville) sont en fait sur des deux fois deux voies qui n’ont plus rien de commun avec la ville. Autre exemple plus grave : la loi dite du propriétaire payeur : en quoi est-elle pédagogique puisque c’est le titulaire de la carte grise qui paye et non le conducteur au moment des faits (sauf à le dénoncer : beurk !)
Le problème que nous posons est l’équilibre des lois de sécurité routière. Les gouvernements successifs les ont axées essentiellement sur la répression (pour ne pas dire exclusivement) au lieu de les axer sur la formation et l’entretien du réseau.
On a beau avoir le meilleur réseau d’Europe comme diraient certains, c’est aussi le plus long avec les problèmes d’entretien que cela pose.
Combien y a-il d’argent pour l’entretien des routes en France ? Trop peu et seuls les axes à grande circulation sont entretenus régulièrement. Le reste ? ça dépend des priorités et des moyens locaux : c’est tout dire ! Bien souvent, il faut des accidents mortels pour que les pouvoirs publics réagissent !

[5] Quand un motard s’emplafonne sur un platane, est-ce la faute du motard ou du platane ?

Tout n’est pas noir ou blanc. Ça peut être de la faute des gravillons sur la route par exemple. De la voiture qui arrive en face en pleins phares et éblouit le motard qui perd la maîtrise de son véhicule… Peut-être aussi par manque de formation. Par contre un rapport sur les obstacles latéraux en France met en avant qu’ils sont responsables de 3000 décès par an. Le fait de les reculer de seulement un mètre diminuerait la mortalité de 1000 tués par an.

A t-on encore le droit à la faute de conduite et cette faute doit-elle être fatale ?

[6] Si demain il y a 50 circuits gratuits ou peu chers en France, pensez-vous que les motards vont se calmer sur route et rouler à 90 ?

En tout cas, ça donnera les moyens de « s’éclater » dans des conditions optimales de sécurité et ce sera aussi des espaces possible de formation, très réduits à l’heure actuelle. Ce qui nous demandons avant tout c’est des lieux d’expressions qui englobent des circuits mais aussi des pistes de run.

Et puis, attention : être dans les limitations de vitesse ne veut pas dire être en sécurité ! ça c’est la communication du Ministère !

150 sur une autoroute vide lorsqu’il fait beau et qu’on n’est pas fatigué, c’est plus sûr que 90 sur une nationale lorsque le temps est brumeux et qu’on n’a pas dormi de la nuit ! Et pourtant, « cherchez l’erreur » dans la loi !!

Ce n’est pas l’excès de vitesse qui est en cause dans les accidents de la route mais la vitesse excessive et inadaptée à l’environnement (respect des limitations de vitesse). Cela ne veut pas dire que vous étiez en excès de vitesse mais que vous deviez diminuer votre vitesse par rapport à la situation et que vous ne l’avez pas fait.

[7] La TVA à 5,5 % sur les casques est-il un combat prioritaire et efficace ?

Prioritaire ? ni plus ni moins que d’autres mais ras le bol d’être des vaches à lait ! .. et la sécurité ne devrait pas avoir de prix. Pourquoi est-ce toujours le fric qui commande tout ?

Efficace ? Si on s’y met tous pourquoi pas. Et si on gagne ça en aidera beaucoup à avoir de meilleurs casques ou à le changer quand il sera endommagé.

[8] Si oui, pourquoi seulement sur les casques et pas les autres accessoires de sécurité ?

Ça se discute effectivement. Ouvrons une brèche déjà, ce sera pas mal !

[9] Le nom à consonance négative de la FFMC dont nous connaissons la raison originelle, n’est-il pas aujourd’hui un frein à de nouvelles adhésions ou participation ?

Le mot colère est-il vraiment un frein ? Et si on est révolté par rien, a-t-on vraiment envie de rejoindre une association pour mener des actions efficaces ? Si tout va bien, pas besoin de s’organiser !

Depuis quelques années le mot colère a fait des petits car tout le monde l’emploie, les infirmières, les routiers, les chasseurs et bien d’autres… s’il n’était plus d’actualité nous l’aurions changé.

Et en colère nous le sommes toujours non seulement pour les 1000 copains motards qui se tuent chaque année sur les routes mais également pour ceux qui seront encore victimes dans les années à venir.

[10] Combien avez-vous d’adhérents ?

Près de 25 000 dans le fichier… pas tous à jour de cotisation. (En passant, appel à tous, les sous c’est le nerf de la guerre !)

[11] Etes-vous pour les motos dans les couloirs de bus ?

La modification de la circulation liée aux couloirs de bus a réduit la place de la moto sur la route, nous nous battons pour que cette place soit rendue sur la chaussée. La municipalité doit permettre aux deux roues motorisés de pouvoir circuler librement sans rester coincés dans les bouchons.

La moto est un un moyen de fluidifier le trafic en ville. Il faut donc que des mesures reconnaissent cet aspect (dito pour le stationnement)

[12] Pensez-vous que le “remontage de file” doive être autorisé, et sous quelles conditions ?

Oui, sous certaines conditions. La condition essentielle est que la moto ait avec la file de voitures un différentiel de vitesse de maximum 20 km/h. Au-delà, c’est dangereux.

L’avantage de légiférer sur ce point est de permettre aux établissements de formation, d’enseigner des comportements adaptés à leurs élèves. En l’absence de réglementation, ils n’ont pas le droit de faire figurer cet aspect dans leurs cours !

[13] Etes-vous pour le bridage des motos et des cyclos ?

Non.

Un moteur bridé réagit souvent mal. Et le débridage en est la conséquence logique. Une autre question est celle des cyclos et des motos mises en vente sur le marché.

De plus, les études prouvent qu’il n’y a pas de cause à effet entre le fait d’avoir un véhicule rapide et puissant et la mortalité. L’important n’est pas l’outil mais la façon dont on s’en sert.

[14] Que pensez-vous des pots bruyants homologués ou non ?

La FFMC reconnaît qu’une réglementation bien pensée sur la question du bruit permet d’encadrer et de limiter les nuisances sonores des véhicules à moteur. Elle souhaite attirer l’attention des motards et des pouvoirs publics sur le fait que les attitudes et les comportements (accélérations brutales, régimes moteur élevés) ont autant, voire plus d’incidence sur le niveau sonore que le fait qu’un pot soit homologué ou pas.

Une attitude responsable de chacun est donc essentielle, notamment la nuit et en ville, mais également sur des lieux de villégiature où le public aspire au calme. Elle souhaite que les réglementations soient appliquées avec discernement et que les règles du jeu soient claires, afin que leur application ne tourne pas à la « chasse aux motards ».

[15] Est-il normal de rouler en plein phares ?

Non. Sauf en rase campagne (ou montagne), la nuit.

[16] la FFMC et la politique

La FFMC fait effectivement de la politique mais pas au sens politique politicienne mais celle de la ville comme tout citoyen.

La FFMC n’appellera jamais à voter pour telle ou telle personne, mais elle appellera à s’opposer à toute politique visant à limiter le champ d’expression des associations et citoyens que nous sommes.

Dès l’instant que l’on se regroupe pour demander, pour revendiquer des droits et des attentes, on rentre dans un jeu politique. Le tout s’est de ne pas s’y brûler les ailes.

Mais qui peut dire aujourd’hui que la FFMC a lancé la carrière de tel ou tel responsable ? personne. Car le militant mis en avant pendant son mandat redevient un motard parmi tant d’autres à la fin.

Les avancées de la FFMC

  • Retrait de la mise en place de la vignette moto (près de trois fois le prix de la vignette auto) ;
  • Réforme du permis moto, ostensiblement orienté “anti-gros cubes” ;
  • Création des commissions REAGIR (Réagir par des Enquêtes sur les Accidents Graves et Initiatives pour y Rémédier)
  • Diminution de 40% du tarif des péages autoroutiers appliqués aux motos ;
  • La baisse des tarifs d’assurance consécutive à la naissance de la Mutuelle des motards ;
  • Reconnaissance de la place des deux-roues motorisés comme moyen de transport alternatif, avec leur exclusion de la loi sur la circulation alternée en cas de pollution ;
  • La mise en place des “Mr Moto” dans chaque département ;
  • Le doublement des rails de sécurité (encore trop timide) ;
  • La création de la Fédération européenne des Motards (FEMA) ;
  • La création des premiers circuits ouverts à tous les motards ;
  • La création d’un label de qualité sur les antivols moto avec l’AFNOR pour permettre à chacun de se protéger du fléau du vol ;
  • Un travail sur le terrain auprès des DDE par le biais des antennes départementales de la Fédération pour améliorer le réseau routier ;
  • Une représentation aux niveaux départemental, national et européen pour défendre le point de vue des motards ;

Une liste non exhaustive des résultats obtenus suite aux actions menées par la FFMC.

Une force de contestation qui est aussi une force de proposition

L'incroyable histoire des Motards en Colère

La Fédération française des motards en colère est née officiellement en février 1980, mais c’est dans les années soixante-dix qu’il faut chercher ses racines. La pratique de la moto se développe au sein d’une jeunesse qui découvre la liberté mais se heurte aux a priori d’une France bien pensante.

Plus de 20 ans après, petit retour en arrière, pour se rafraîchir la mémoire

Au temps des pirates

L’incroyable histoire des motards en colère

La Fédération française des motards en colère est née officiellement en février 1980, mais c’est dans les années soixante-dix qu’il faut chercher ses racines. La pratique de la moto se développe au sein d’une jeunesse qui découvre la liberté mais se heurte aux a priori d’une France bien pensante

Une paire d’oscars (phares longue portée) sur les pare-cylindres, un nez de cochon accroché au guidon (tête de fourche), une paire de K81 (les pneus fétiches des bouffeurs de kilomètres) et des combinés Koni (les amortisseurs adaptables) : voilà la panoplie indispensable de toute machine qui se respecte, qu’elle cube 125, 250, 500 ou 1000 cm3.

La montée progressive en cylindrée s’effectue alors religieusement, au fil de l’expérience.

Même s’il ne représente plus la majorité des motards, l’adepte du Cromwell (casque bol) avec barbe et tignasse au vent, et un tempérament d’insatiable dévoreur de bitume fait toujours référence auprès des nouveaux venus.

Par opposition à la très stricte et vieillissante FFM, qui ignore superbement les routards et relève régulièrement les tarifs d’affiliation des clubs, les motards se regroupent au sein de moto-clubs dit pirates , car non affiliés à la fédération et rarement déclarés en préfecture.

Les MCP marquent généralement leur différence par une appellation sans équivoque : les ramassis de la route, les corbeaux voyageurs, les gueux, la horde hivernale.

En Ile-de-France, depuis les années soixante, le motard s’est donné rendez-vous à la Bastille le vendredi soir, avant de rejoindre Rungis et ses tristement célèbres courses sauvages entre les Halles.

Les premiers plaidoyers pour un vrai circuit aux portes de Paris s’improvisent autour des victimes et des épaves tordues ramassées sur place …

La pression monte

Le chômage grimpe en flèche, la crise s’installe, les jeunes ne sont pas écoutés, les assurance triplent leurs tarifs.

C’est pas la joie …

Majoritairement jeunes et de catégories socio-professionnelles modestes, les motards consacrent l’essentiel de leur salaire à leur passion.

Entre le carburant qui devient de plus en plus cher (depuis le choc pétrolier de 1973, le litre de super est passé de 1,25 à 3,30 F en 1980), l’entretien de la moto et l’usure des pneus, le budget s’avère de plus en plus difficile à boucler. Et d’autant plus pour certains malchanceux, premiers laissés-pour-compte de la crise, qui fréquentent assidûment les locaux de la toute récente ANPE, créée en 1967.

Les conversations de concentres s’orientent plutôt sur ces problèmes économiques, douloureusement vécus par un nombre sans cesse croissant de motards, que sur le meilleur choix en terme de guidon bracelet multipositions.

Du côté des pouvoirs publics, la lutte contre l’insécurité routière s’organise à partir de 1972 avec la création de la “Délégation à la sécurité routière”. L’objectif est d’enrayer la courbe ascendante des tués sur la route, passés de 9 000 en 1960 à près de 17 0000 en 1972. Parmi ces victimes, les motards se font remarquer puisque leur nombre augmente régulièrement depuis 1970.

Pour les technocrates de la sécurité routière, l’occasion est trop belle : ils condamnent la moto sans aucun discernement, en faisant allègrement l’impasse sur l’accroissement du parc de véhicules en circulation, et en amalgamant les accidents de cyclomoteurs et de vélos aux statistiques ânonnées sur les ondes et dans les journaux.

De quoi effrayer la nation entière et particulièrement les assureurs, qui trouvent là une solide justification aux augmentations de primes (de +15 à 30% l’an). Les tarifs annoncés aux motards atteignent le triple, voir le quadruple de ceux réservés aux automobilistes. La situation atteint son paroxysme à la fin des années soixante-dix, mais le remède s’avère pire que le mal, puisque près d’un motard sur trois fait l’impasse sur la carte verte.

En 1978, un très médiatique “Monsieur Moto” est nommé, en la personne d’Yves Mourousi. Il est alors rattaché au ministère de la Jeunesse et des Sports, pour tenter d’éclairer un dossier qui devient de plus en plus brûlant au fur et à mesure que les échéances électorales approchent. Faute de moyens, et lassé par l’absence totale de coopération du ministère des Transports, il démissionnera quelques mois plus tard.

Erreur d'appréciation

En désignant le motard comme principal bouc émissaire de l’hécatombe routière, les élus et hauts fonctionnaires de l’époque agitent l’épouvantail sans froisser l’électorat de la majorité en place. Ils ne s’attendent pas à déclencher la tourmente, et encore moins à faire descendre quiconque dans la rue.

Christian Gérondeau est alors délégué à la Sécurité Routière et à ce titre investi d’une mission irréaliste : faire diminuer de 13000 à 10000 le nombre de victimes de la route en un an. Il faudra plus de dix ans pour atteindre cet objectif, et vingt ans pour s’en fixer un autre tout aussi fumeux (diviser par deux d’ici 2002 …).

Au soir de l’arrivée du Bol d’Or 1978, profitant de quelques faits divers saignants impliquant des motards de retour du Castellet, C. Gérondeau se lance à la radio dans une diatribe violemment motophobe qui met le feu au baril de poudre.

Il s’agit d’interdire purement et simplement les “grosses motos” au dessus de 750 cm3, et de limiter l’accès à la moto par tous les moyens, notamment un accroissement de la pression fiscale et l’instauration d’un “super permis” très sélectif.

Dans la “société libérale avancée” des années Giscard, les conflits de génération sont loin d’être enterrés. Crasseux, chevelu, marginal et grognon, le motard semble un excellent exutoire pour défouler les tensions accumulées face à la vague “beatnick-baba” qui secoue la vieille France depuis dix ans (1968).

Or, c’est principalement parmi les motards que se sont réfugiés les plus fervents défenseurs de la “liberté”. Prompts à s’opposer à toute forme de dogme, ils ont activement participé aux grandes luttes anti-nucléaires de l’époque (Plogoff et Goldfech, mise à l’eau à Cherbourg du cargo de fret de déchets “Pacific Fisher”, etc …). ceux qui ont un emploi sont souvent engagés syndicalement, et les autres n’ont pas l’habitude de s’en laisser compter.

En cinq minutes, C. Gérondeau venait de s’attirer toute leur antipathie.

Les années rebelles

Pour le gouvernement Giscard, ces “braillards casqués” ne sont que quantité négligeable

La première manifestation de motards a lieu le vendredi suivant les déclarations de Gérondeau, le 22 septembre 1978.

Spontanément, des milliers de motards investissent la place de la Bastille, et commencent à s’étirer en cortège pour défiler sous les fenêtres des dirigeants politiques. En province, plusieurs MCP s’unissent sous des bannières explicites : “Moto liberté”, “SOS Moto survie”, “Moto vivante”, … Ils mettent à leur tout en place leurs premières manifestations dans plus de vingt villes à travers l’Hexagone, occasion sans précédent de mesurer l’ampleur de la mobilisation.

A chaque endroit émerge un leader, une “grande gueule” qui sert à la fois de repère pour les motards et de contact pour les agents des Renseignements Généraux…

Fin 1979, les relations entre tous les mouvements régionaux aboutissent à un projet de coordination nationale. Reste à trouver l’appellation fédératrice.

Elle viendra comme une évidence : puisqu’il existe déjà une fédération, qualifiée de “pantouflarde” et complice des pouvoirs publics, il suffit d’en créer une autre en ajoutant simplement le “C” de Colère à l’abréviation existante.

En janvier 1980, la Fédération Française des Motards en Colère pointe le bout de son logo (le “triangle de la colère”, symbolisant les trois grands pôles d’activités – Lyon, Paris, et Toulouse – ne sera qu’éphémère car l’hexagone avec le bras d’honneur s’avère vite plus “parlant”).

La mise en place officielle de la vignette fiscale à partir de 750 cm3 et du nouveau permis donne encore plus de ressort au mouvement naissant. Les premières assises nationales sont organisées au Havre.

A la tribune, le frais émoulu porte-parole national, Jean Marc Maldonado, lance l’appel au boycott de la vignette. L’assemblée exulte et décide dans la foulée d’une “anti-vignette”. Les recettes dégagées par la vente de celle-ci doit permettre de financer un collectif d’avocats qui défendra les motards verbalisés.

En pratique, le succès de l’opération est tel que huit motards sur dix n’acquitteront pas la vignette. Les verbalisations sont rendues d’autant plus difficiles que la FFMC édite aussi des motocollants pour “maquiller” la cylindrée des motos. Les caches latéraux des 500 cm3 sont siglés 1000 cm3 et inversement. Pagaille totale !! Pour les motards, l’achat des motocollants est l’occasion du premier contact avec le mouvement.

En quelques semaines, des antennes départementales de la FFMC éclosent partout en France. Les manifestations se succèdent à un rythme effréné et mobilisent pourtant à chaque fois des milliers de motards.

Bien perçues de l’opinion, ces manifestations sont parfois le théâtre de heurts violents avec les forces de l’ordre. Quoi de plus logique lorsqu’on retrouve face-à-face quelques gradés venus “casser du blouson noir” et quelques motards décidés à burner sur les képis ?

Le mouvement est alors en phase d’externalisation et s’érige d’abord en victime comme le traduisent les slogans déployés sur les banderoles :

  • Les motards ne meurent pas, on les tue
  • Vignette : 80% dans le baba-re (R. Barre était alors premier ministre)
  • Le motard n’est pas une vache à lait

Pour le pouvoir en place, mis à mal par plusieurs “affaires” gênantes (affaire Boulin, diamants de Giscard, assassinat de Mesrine, …), ces braillards casqués sont quantité négligeable.

Lorsque les motards en colère s’adressent aux deux candidats restant en lice à l’issue du premier tour des élections présidentielles de 1981 pour demander l’abolition de la vignette, seul F. Mitterrand prendra la peine de leur répondre.

Le 10 mai suivant, il est élu président de la république.

La vignette passe à la trappe en juin, et Pierre Mayet prend le fauteuil de délégué interministériel à la sécurité routière avec une mission claire : inviter la FFMC à la table de négociations lors de la mise en place d’une “commission nationale moto” devant plancher notamment sur la réforme du permis.

Utopies et réalités

La société rejette les motards, et alors ?! Les motards décident de créer la leur. Au centre du projet, une mutuelle d’assurance !

Très vite, la contestation est accompagnée d’un projet ambitieux : transformer l’énergie de cette formidable mobilisation de jeunes en expérience de société. En chaque domaine, les idées fusent et les critiques vont bon train. Pour passer au concret, il s’agit d’élargir le champ des revendications à tout le milieu moto.

Immédiatement, l’idée d’une mutuelle d’assurance est lancée (dès 1979). Dans la foulée, la FFMC annonce qu’elle travaille à la création de centres de formation à la conduite délivrant des permis à prix coûtant, à la mise en place d’un journal moto indépendant dans lequel le rédactionnel ne serait pas négocié à l’avance en fonction des contrats de pub, d’une coopérative d’achat pour les accessoires et les motos, et enfin de bases de loisirs. C’est la matérialisation du concept de solidarité si cher aux motards …

L’idée d’un “contre-système” de solidarité économique (baptisé solid-éco) prend forme.

Au fur et à mesure des annonces faites par la FFMC, certains professionnels du milieu moto s’inquiètent d’un tel appétit et changent de comportement vis-à-vis du mouvement. Les promesses de soutien sont vite oubliées tandis que se multiplient les déclarations vengeresses visant à discréditer les motards en colère : “récupérés politiquement, ces motards sont avant tout des voyous plutôt alcoolos qui se sauvent régulièrement avec la caisse …”

Faisant fi de ces persiflages, les militants de la FFMC vont, durant presque deux années, s’inviter à toutes les concentres et rassemblement afin d’établir (ou rétablir) le dialogue avec les motards. A chaque fois, l’appel à souscription pour la création de la mutuelle est renouvelé, jusqu’à convaincre près de 40.000 motards de verser 280 francs. Pour chacun d’entre eux, il s’agit d’abord d’un geste de soutien, de confiance et de sympathie envers la FFMC. Dans les “milieux autorisés”, la peau de la mutuelle ne vaut pas bien cher.

Contre toute attente, les fonds nécessaires sont réunis et l’agrément du ministère des finances est accordé en septembre 1983. La mutuelle des motards, officiellement dénommée “solidarité mutuelle des usagers de la route” (SMUR) est née.

Simultanément, le numéro 1 du Pavé dans la Mare sort de l’imprimerie. C’est le premier journal qui lance une rubrique consumériste sur la moto et les premiers tests d’antivol font l’effet d’une bombe dans ce microcosme (et valent au canard son premier procès, gagné par la suite).
De la réalité aux dures réalités

C’est à l’occasion du bol d’or que les premiers contrats d’assurance sont souscrits. Le principe de base est simple : pas de discrimination envers les jeunes conducteurs et tarifs divisés par deux (au moins) par rapport au marché.

Profitant de la jeunesse et de l’inexpérience de la mutuelle, les assureurs concurrents exploitent la brèche ainsi ouverte. Tous les novices et jeunes conducteurs sont invités à aller souscrire auprès de la Mutuelle des Motards, alors que les “bons profils” en sont découragés à coup de désinformation, parfois calomnieuse (“la faillite doit être prononcéee dans les prochains jours”).

Parallèlement, la première année d’existence de la structure phare de la FFMC s’avère des plus mouvementées. Ayant fait le pari de s’installer en Corse, elle se heurte au mouvement indépendantiste de l’Ile de Beauté qui tente une récupération en règle (noyautage des salariés, menaces, attentats, …). En Août 1984, une opération de déménagement vers le continent est organisée dans l’urgence. L’aide des militants de la FFMC est prépondérante pour la réussite de cette opération qui prit des allures de commando. Un fait divers qui va permettre d’alimenter une nouvelle vague de rumeurs et d’intox contre la mutuelle.

A l’aube de l’exercice 1985, le constat est amer : 55% de jeunes conducteurs sur l’ensemble des sociétaires et un taux d’accidents trop élevé pour garantir l’équilibre financier de la structure. Il faut prendre des mesures drastiques pour sauver la mutuelle : rappel de cotisations, augmentation des primes, limitation de l’accès aux novices. Le rêve prend du plomb dans l’aile …

C’est le difficile apprentissage de la gestion, auquel sont confrontés tous les acteurs du mouvement. Les centres de formation et les bases de loisirs ne se multiplient pas aussi vite que prévu, les antennes régionales de la FFMC uniquement financées par la vente des moto-collants tirent la langue … Le sourire des motards en colère se voile, et la mobilisation marque le pas.

Des hauts et des bas

A mesure que la FFMC gagne ses combats, la mobilisation baisse. Puis, elle remobilise en devenant moteur dans la création du mouvement européen des motards

Vignette fiscale abolie, réforme des permis mis en oeuvre, tarifs des péages réduits de 40%, … Plus le contexte s’avère favorable à la pratique de la moto et moins les appels de la FFMC trouvent d’écho auprès des motards.

La lutte s’organise autour d’idées plus complexes et moins évidentes pour tout le monde : amélioration de la sécurité et des infrastructures routières, opposition à l’augmentation de la taxe sur les assurances (qui passe de 18,6% à 34,5%), autorisation de rouler en phare blanc (alors que la France reste indécrottablement attachée au jaune), boycott de la vignette d’assurance …

A la fin des années 80, les forces vives s’épuisent, nombreux sont ceux qui sont démobilisés. Lassés par l’attitude parfois extrême des leaders, les luttes intestines phagocytant les assises, et désappointés par les passages difficiles de la mutuelle, les motards se détournent ostensiblement de la FFMC.

Alors qu’ils étaient près d’un millier à se retrouver au rendez-vous des assises, ils ne sont qu’à peine une centaine à l’aube des années 90. Les grands projets sont au point mort, et le discours prend une tonalité que d’aucun considèrent populiste et démagogique. Le conflit ouvert avec les hebdos moto n’est pas du goût des motards, qui y voient d’abord une volonté d’hégémonie.

Mais la répression gouvernementale se fait soudain plus insistante et le “nouvel ordre moral” se profile. Un nouveau type de motards s’approprie la rue, avec la bénédiction du ministère de l’intérieur : il s’agit de la brigade des voltigeurs qui se fait sinistrement remarquer en croisant le chemin de Malik Oussekine.

Pendant que les banderoles de “Touche pas à mon pote” clament que “La France, c’est comme une mob, pour avancer il lui faut du mélange”, la FFMC prépare elle aussi son mélange : l’Europe des motards.

Le 25 juin 1988 est organisée la première manifestation européenne à Strasbourg qui donne naissance à la FEM (Fédération Européenne des Motards, aujourd’hui FEMA). Le front commun des motards prend forme.

De son côté, la DSCR s’illustre par des actions “poudre aux yeux” à la portée anecdotique (les préfets s’installent sur le bord des routes pour sermonner les infractionnistes). Dans l’ombre, des projets beaucoup plus pernicieux pointent le coin de leur dossier : délit de très grande vitesse, permis à points, …
L’ancrage

Parallèlement, les motards évoluent, leurs aspirations sont différentes, ils roulent beaucoup moins (de moins en moins chaque année) et abordent plutôt la moto comme un loisir.

En luttant sans relâche contre des mesures toujours exclusivement répressives, la FFMC s’engage dans un processus long, difficile mais légitime. Elle gagne en notoriété et en crédibilité pour devenir un repère incontournable, sollicitée à la fois par les motards et par les pouvoirs publics. A l’échelon départemental, elle est enfin reconnue après plusieurs années d’engagement au sein du programme REAGIR.

La longue mobilisation contre la mise en place du permis à points (remède miracle contre l’insécurité routière, on s’en rend bien compte aujourd’hui …) a été vaine mais aura au moins eu une vertu : réunir de nouveau les motards dans la rue et autour de la FFMC.

Pour profiter de ce nouvel élan, celle-ci se doit alors d’amorcer un virage capital. Au Bol d’Or 1992, la carte d’adhérent est officiellement lancée. C’est l’un des outils qui doit permettre à la “fédé” de passer au rapport supérieur. Son journal, relooké et identifié “Moto Magazine”, entre dans les kiosques à partir du n° 100 (été 1993). Une autre façon de démultiplier la portée du message.

En 1994, le premier poste de salarié permanent à la FFMC est créé. Il s’agit d’une secrétaire permettant d’assister le travail du bureau national, toujours exclusivement constitué de membres bénévoles. Les manipulations de chiffres et les projets fumeux continuent d’affluer de la DSCR. La colère regagne du terrain et au fil des manifestations, les antennes régionales et départementales de la FFMC se multiplient. Il s’agit donc de gérer une double charge de travail : résister à la pression politique et réussir à canaliser les nouvelles énergies qui rejoignent le mouvement.

Un nouveau poste de coordinateur renforce la structure permanente, suivi de prêt par un secrétariat de trésorerie. Désormais, la FFMC a les moyens de s’engager durablement sur un dossier (ex : la TVA sur les équipements de sécurité, la problématique des téléphones portables au volant, la taxe sur les carburants). Finis les feux de paille et la politique de la chaise vide. La mise en place de commissions juridiques donne encore de nouveaux outils aux motards en colère.

Présent & Avenir

La moto est toujours montrée du doigt ou ignorée

Au partir de 1996, la FFMC engage un processus de réorganisation territoriale à l’échelle du département. Tout à la fois nécessité historique et corrélation avec l’organisation décentralisée de l’Etat, cette organisation permet aux motards d’entrer en contact avec la FFMC.

En même temps, un travail de fond sur la “professionnalisation” de la structure est engagé, afin de ne pas risque de reproduire les dérives autocratiques des débuts. En tenant compte à la fois de l’évolution sociale et de celle du milieu moto, la FFMC doit réussir l’adéquation entre la passion, la ténacité du motard à garantir sa liberté, la vigilance face aux tentatives de régulation des pouvoirs publics (présentes et futures) et son propre développement.

L’accroissement spectaculaire du parc de motos en circulation (notamment initié par la mise en place du permis B-125 cm3) est le signal d’une profonde mutation. En aucun cas le mouvement ne peut vivre ou évoluer dans la nostalgie du passé.

Aujourd’hui, plus d’un million de pratiquants vivent la moto au quotidien. Avec leur entourage, il s’agit donc de près de 5 millions de personnes qui sont concernées par “les deux-roues à moteur”. La minorité est donc toute relative, n’en déplaise aux technocrates de la DSCR qui préfèrent continuer à faire l’autruche.

A l’heure où la société s’organise exclusivement autour du modèle urbain, où un nouveau segment de véhicules apparaît (illustré par le BMW C1), la FFMC doit veiller à ce que la hausse du phénomène deux-roues à moteur se déroule dans les meilleures conditions. Or, celui-ci reste superbement ignoré dans la mise en place des PDU (plan de déplacement urbain).

A l’aube du XXIe siècle, la colère n’est pas prête de retomber…

Texte de Jeff Copin
Archives de Jacques Maggiori & Patrick Robinet
Edité originellement par les Editions de la FFMC

Soutenez la FFMC

Adhérer, ça apporte quoi ?

1 – La possibilité de s’organiser et d’agir pour se défendre et défendre sa passion. On ne peut rien lorsqu’on est isolé. Une association, et plus encore une fédération, a davantage de poids pour faire avancer les choses.

2 – La possibilité d’être informé et d’informer les autres. Être informé, connaître ses droits, partager les expériences des autres, permet de mieux se défendre ; être informé c’est également pouvoir participer aux actions.

3 – La possibilité de participer à un mouvement qui, au delà de la FFMC elle-même, comporte une assurance mutuelle, une assoc’ de formation, une branche loisirs, des éditions, une commission qui travaille sur la problématique du vol moto, une commission juridique…

4 – L’adhésion à une fédération motarde européenne, la FEMA, Fédération Européenne des Associations Motocyclistes, dont la FFMC est un des membres fondateurs, c’est à dire un moyen de peser sur les décisions prises au Parlement Européen et de faire avancer les droits des motards face aux intérêts financiers supranationaux.

5 – La preuve que l’esprit motard existe encore : même au 21ème siècle, des hommes et des femmes se regroupent pour faire vivre la solidarité sans discrimination sociale ou raciale, et agissent pour que la responsabilisation et la tolérance prennent le pas sur l’arbitraire et la répression !

Dans ce monde où tout est soumis à la loi de l‘argent, il faut que chacun donne un peu de son temps et contribue financièrement à faire vivre la FFMC .

Verser une cotisation, pour quoi faire ?

1 – Permettre la communication de la FFMC car une fédération qui serait condamnée au silence par manque de moyens ne servirait plus à rien. Communication, ça veut dire quoi ? Donner le maximum d’infos aux antennes départementales. Envoyer des infos directement aux adhérents. Communiquer vers les grands média. Faire des propositions aux pouvoirs publics. Participer à des réunions.

2 – Donner à la FFMC les moyens de garder son indépendance et sa liberté d‘action. Une fédération dont le fonctionnement est subventionné n’a plus qu’à obéir aux généreux mécènes ! Alors, ce ne sont plus les droits des motards qui priment ! Adhérer à la FFMC, c’est lui permettre de continuer d’exister sans dépendre d’un quelconque pouvoir politique ou financier. L’indépendance a un avantage : celui de ne pas être muselé. Par contre, elle a un prix : chaque adhérent doit se sentir partie prenante et contribuer à défendre sa fédération. 38 € par an, cela peut paraître beaucoup mais ce n’est que 0.104 € par jour. Pour rester libre, ça vaut le coup ! Sur ces 38 €, 12,70 € vont à l’antenne départementale, 1,45 € à la FEMA, 23,85 € à la FFMC nationale.

3 – Permettre la vie démocratique de la FFMC : si l’on veut mener des actions efficaces, il faut décider ensemble des orientations de la fédération. La démocratie a un coût : celui de l’organisation de réunions et de la diffusion des décisions prises. 400 motards participent chaque année aux Assises du mouvement FFMC lors du week-end de Pentecôte et 150 motards préparent ce grand rendez-vous lors de journées de travail fin novembre.

4 – Agir sur le terrain, que ce soit en organisant une manif quand l’actualité le nécessite ou des actions quotidiennes (pétitions, lettres aux élus…)